La Lectio Divina

I. Qu’est-ce que la lectio divina ?
Il s’agit d’une lecture de l’Écriture Sainte faite par le croyant à la lumière de la foi, sous la conduite de l’Esprit Saint, en vue de connaître et de goûter dans son âme la Parole de Dieu.
Le Concile a voulu remettre en honneur l’Écriture Sainte dans le concret de la vie des chrétiens. La Constitution Dei Verbum rappelle avec force sa place centrale :
« Toujours l’Église a pour règle suprême de sa foi les Écritures, conjointement avec la Sainte Tradition, puisque inspirées par Dieu et consignées une fois pour toutes par écrit, elles communiquent immuablement la Parole de Dieu lui-même, et font résonner dans les paroles des prophètes et des Apôtres la voix de l’Esprit Saint » (n° 21).
« Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu, et parce qu’elles sont inspirées, elles sont vraiment la Parole de Dieu (n° 24).
La lectio divina doit se distinguer de l’étude, qui, elle, raisonne sur le contenu intellectuel d’un texte. Une telle étude se pratique également à l’égard de la Sainte Écriture, c’est l’exégèse. La lectio divina, au contraire, nous fait imiter la Vierge Marie qui, dit l’Évangile « gardait toutes choses dans son cœur ». Le livre saint est pris comme une parole que Dieu lui-même nous adresse : Quand tu pries, tu parles à Dieu, disait saint Augustin, quand tu lis, c’est Lui qui te parle ».


II. Comment la pratiquer
Il faut d’abord s’y préparer en établissant le silence en nous pour nous mettre en présence du Seigneur. Ensuite, il faut prendre la Bible, et la poser devant soi avec respect. Il faut aussi se mettre dans un lieu tranquille, même devant le Saint Sacrement si c’est possible, et se décider à prendre du temps pour le Seigneur. Le moment le plus recommandé est tôt le matin parce que la journée n’étant pas encore commencée, l’esprit est plus disponible. Cet effort pour se mettre en condition sera récompensé par Dieu lui-même qui ouvrira les yeux de notre cœur pour nous faire pénétrer le sens de la lecture.

Les auteurs spirituels distinguent habituellement quatre étapes dans le déroulement de la lectio divina :
- La lectio, regard de la foi fixé attentivement sur la Parole de Dieu.
- La meditatio, réflexion de l’intelligence, cherchant à comprendre la vérité cachée qu’elle vient de découvrir dans la lectio.
- L’oratio, ou prière, demande à Dieu son aide pour acquérir les biens entrevus.
- Enfin la contemplatio, ou connaissance intuitive, est la réponse de Dieu à cette prière. L’esprit de celui qui lit vibre mystérieusement à l’écoute de la Parole et la garde comme Marie dans son cœur.


Mais il serait imprudent de chercher à réaliser à chaque fois systématiquement les quatre étapes : les dispositions de l’âme ne peuvent pas être toujours les mêmes. Certains textes nous inspirent plus ou moins que d’autres ; la période liturgique y est aussi pour quelque chose : il est plus facile de méditer les évangiles de la Résurrection durant le temps pascal.

 


III. Un maître spirituel bénédictin : dom paul delatte, abbé de solesmes

abbaye kergonan delatte
Sa conception de la lectio divina était très claire. Nous sommes des créatures, des créatures intelligentes, donc capables d’un véritable contact avec Dieu qui est esprit. C’est Dieu qui par pur amour nous a faits tels et il nous a touchés de ses dons surnaturels à partir du baptême, ce qui nous permet de prétendre à la vie éternelle auprès de lui. Toute notre vie est ainsi comme aimantée par un but unique : l’union à Dieu. Or nous ne pouvons nous unir qu’à ce que nous connaissons : « Rien n’est plus efficace que de connaître la pensée divine, disait Dom Delatte, elle est sympathique, elle est attrayante. À force de regarder les vérités dont elle est faite, on entre dans l’orbite de leur attraction. En face de la lumière, nous devenons lumière, l’âme se trempe naturellement de ce qu’elle regarde. Or, rien ne contient mieux la pensée divine que la Sainte Écriture, certes rédigée par les hommes, mais inspirée par l’Esprit Saint qui est Dieu.
Son insistance sur la contemplation est bien bénédictine par son inspiration, même si la contemplation n’est pas réservée, loin de là, aux seuls bénédictins. « Désirer la vie éternelle de toute son âme », enseignait saint Benoît. Pour Dom Delatte, la contemplation que nous pouvons exercer sur la terre commence celle qui nous occupera toute l’éternité, et la lectio divina est, avec la liturgie, un des lieux privilégiés de l’exercice de cette contemplation.

 

Retrouvez un dossier complet sur la Lectio Divina ici

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